dimanche 28 mars 2010
ADOPTER N'EST PAS UN DROIT
Le Code Civil réserve actuellement la possibilité d'adopter conjointement un enfant aux couples mariés depuis plus de deux ans ou agés l'un et l'autre de plus de vingt-huit ans. Le Sénat a été saisi d'une proposition de loi tendant à étendre cette possibilité aux partenaires liés par un pacte civil de solidarité conclu depuis plus de deux ans.
J'ai eu l'honneur de rapporter ce dossier, jeudi soir, au nom de la Commission des lois qui a considéré que la question devait être abordée sous l'angle de l'intérêt supérieur de l'enfant qui doit être placé au centre des préoccupations. Cette prévalence de l'intérêt de l'enfant interdit qu'il puisse exister un droit à adopter mais des droits de l'enfant.
Il faut comprendre la situation particulière de vulnérabilité dans laquelle se trouvent les enfants à adopter : ils sont marqués par la détresse d'une première rupture, leur histoire filiative a été interrompue. La demande des couples pour légitime qu'elle soit ne saurait primer l'intérêt de l'enfant. Les enfants adoptés doivent être surprotégés. J'ai, dans mon rapport, pris la précaution d'écarter toute ambiguité en déclarant que pour ma part le statut conjugal du couple, comme la nature homosexuelle ou hétérosexuelle de leur relation ne préjugent en rien de la capacité affective et éducative des deux partenaires ni de la qualité du lien que les deux parents pourront nouer avec l'enfant. Je n'ai raisonné que sur le plan juridique en tant que commissaire aux lois.
La commission des lois a considéré que le statut conjugal n'est pas sans incidence sur le degré de protection juridique : le PACS est notamment une forme de conjugalité qui en cas de séparation des parents apporte moins de sécurité à l'enfant que le mariage. Tenant le milieu entre l'union libre et le mariage, le PACS emprunte à la première sa liberté de conclusion et de dissolution et au second ses seuls effets patrimoniaux.
Enfin j'ai rappelé qu'il est nécessaire de tenir compte aussi des engagements internationaux de la France en matière d'adoption (convention de La Haye) et qu'au plan pratique il s'avère que très peu de pays d'origine des enfants adoptés en adoption internationale acceptent de confier un enfant à un couple non marié. Le risque serait grand que l'ouverture proposée ne trouve pas de traduction concrète, faute d'être compatible avec les pratiques et les règles en vigueur en matière d'adoptio, internationale.
Au bénéfice de ces explications la proposition de loi n'a pas été adoptée par le Sénat. Mon intervention dans l'hémicycle et le rapport peuvent être consultés sur mon site.
J'ai eu l'honneur de rapporter ce dossier, jeudi soir, au nom de la Commission des lois qui a considéré que la question devait être abordée sous l'angle de l'intérêt supérieur de l'enfant qui doit être placé au centre des préoccupations. Cette prévalence de l'intérêt de l'enfant interdit qu'il puisse exister un droit à adopter mais des droits de l'enfant.
Il faut comprendre la situation particulière de vulnérabilité dans laquelle se trouvent les enfants à adopter : ils sont marqués par la détresse d'une première rupture, leur histoire filiative a été interrompue. La demande des couples pour légitime qu'elle soit ne saurait primer l'intérêt de l'enfant. Les enfants adoptés doivent être surprotégés. J'ai, dans mon rapport, pris la précaution d'écarter toute ambiguité en déclarant que pour ma part le statut conjugal du couple, comme la nature homosexuelle ou hétérosexuelle de leur relation ne préjugent en rien de la capacité affective et éducative des deux partenaires ni de la qualité du lien que les deux parents pourront nouer avec l'enfant. Je n'ai raisonné que sur le plan juridique en tant que commissaire aux lois.
La commission des lois a considéré que le statut conjugal n'est pas sans incidence sur le degré de protection juridique : le PACS est notamment une forme de conjugalité qui en cas de séparation des parents apporte moins de sécurité à l'enfant que le mariage. Tenant le milieu entre l'union libre et le mariage, le PACS emprunte à la première sa liberté de conclusion et de dissolution et au second ses seuls effets patrimoniaux.
Enfin j'ai rappelé qu'il est nécessaire de tenir compte aussi des engagements internationaux de la France en matière d'adoption (convention de La Haye) et qu'au plan pratique il s'avère que très peu de pays d'origine des enfants adoptés en adoption internationale acceptent de confier un enfant à un couple non marié. Le risque serait grand que l'ouverture proposée ne trouve pas de traduction concrète, faute d'être compatible avec les pratiques et les règles en vigueur en matière d'adoptio, internationale.
Au bénéfice de ces explications la proposition de loi n'a pas été adoptée par le Sénat. Mon intervention dans l'hémicycle et le rapport peuvent être consultés sur mon site.